Le numérique, levier de performance et source d'inspiration pour l'organisation

Le numérique, levier de performance et source d'inspiration pour l'organisation

par Quentin Moreaux, Publié le 29/09/20207 min de lecture

Agilité, Management 3.0, amélioration continue : nombreux sont les usages & méthodes répandus au sein des Directions des Systèmes d'Information (DSI) dont peuvent s'inspirer les organisations pour grandir.

Chez Kheops, nous aimons plaisanter sur un élément : les DSI ont pour vocation d'industrialiser la production de lignes de codes, issues des cerveaux de ses développeurs. Si nous forçons le trait, nous pourrions parler d’industrialisation du savoir.

Dans une logique de réduction du time-to-market (délais de livraison), les DSI sont donc naturellement en première ligne de l'innovation technologique & managériale. Nous avons pour preuve l'usage désormais généralisé de l'agilité à l'échelle.


💻 La culture du numérique au sein des organisations

Nous pouvons distinguer trois types d'organisations numériques :

  1. Les entreprises que nous nommerons "traditionnelles" (banques, assurances, industries, …), aux Systèmes d’Information (SI) parfois vieillissant, qui cumulent les couches technologiques au fil du temps.

Des efforts de décommissionnement sont effectués, mais trop souvent abandonnés par manque de ressources et réticence au changement des utilisateurs finaux qui ont peu confiance dans leur DSI. Membres de cette direction, combien de fois avez-vous entendu les phrases suivantes : "vous allez encore casser nos outils !", "n'implémentez plus de fonctionnalité, à chaque livraison, plus rien ne fonctionne", … ?

Ces entreprises ont besoin de réadapter leurs postures vis-à-vis du numérique, se rapprocher et rassurer les clients finaux afin de proposer de nouvelles sources de valeur à l'entreprise. Elles doivent également maintenir la compétition face aux GAFAM qui souhaitent conquérir de nouveaux marchés, au risque de disparaitre.


  1. Les entreprises aux SI relativement récents.

Celles-ci ne sont pas centrées autour de numérique mais sont largement conscientes de son impact et de l'importance de son succès. Utilisant les technologies les plus récentes pour se construire, elles sont plus à même d'anticiper et d'appréhender leurs futures problématiques.


  1. Les entreprises nées de l’Internet (GAFAM, Spotify, Booking.com, …).

Pour celles-ci, le numérique est indubitablement inscrit dans l'ADN de l'entreprise. Grand nombre des problématiques sont centrées autour de ces sujets et les collaborateurs participent largement à la construction et l'amélioration du SI.


31de5645-62d2-4ffe-abd7-4887d7a1a6c8Sahbi Cherif, trésorier chez Booking.com nous raconte comment il cumule sa responsabilité à celle de Product Owner de l'automatisation des paiements de trésorerie au sein de son entreprise :

« Cela fait plus de 2 ans que je travaille au sein de la trésorerie de Booking.com. Une des ambitions est d’avoir les Systèmes d’Informations et de reporting les plus performants et optimisés du marché. L'entreprise est convaincue que l'informatique améliore la prise de décision et libère du temps aux employés qui peuvent se consacrer à d’autres projets à forte valeur ajoutée.

La culture du numérique joue évidemment un rôle très important, Booking.com ayant vu le jour avec Internet au début des années 2000.

Déçu des entreprises « traditionnelles », j’ai été attiré par l’idée d’un management horizontal où l'esprit d'initiative est d'avantage valorisé et les responsabilités plus grandes.

En effet, le rôle de trésorier demandait des compétences dans de nombreux domaines et les tâches à mener semblaient évolutives. L'entreprise étant en croissance (lancement de nouveaux produits, ouverture de nouveaux marchés), certaines de mes activités sont amenées à changer d’un semestre à l’autre.

Mon appétence pour l'informatique a très vite été détectée par mon management, qui m'a poussé à me rapprocher des équipes techniques pour faire évoluer les logiciels de gestion de trésorerie. Nos systèmes nous permettent aujourd’hui d’effectuer un paiement en devise avec un nombre très limité de "clics" et presque sans aucune autorisation !

Je suis ainsi devenu le Product Owner de l'automatisation des paiements de trésorerie. Pour cela j'ai été formé à l'agilité, j’ai appris à rédiger un cahier des charges (via JIRA), ainsi que le langage technique de SAP.

Mon activité consiste à recueillir les besoins de mes collègues cash managers, les exprimer aux développeurs (je discute directement avec eux, il n'y a aucun intermédiaire), défendre les budgets et mes priorités auprès de ma hiérarchie puis de former mes collègues à l'adoption de ces nouveaux usages qui optimisent leurs tâches quotidiennes. 

Depuis, mon périmètre de Product Owner n'a cessé de s'élargir, notamment par mon intérêt croissant autour des thématiques d’Open Banking et l’introduction de nouvelles technologies comme les API dans les départements financiers.

Jamais je n'aurais imaginé avoir un éventail d'activités aussi large chez mes employeurs précédents. »

 

Vous l'aurez compris, nous avons recueilli le témoignage de Sahbi afin de mettre en exergue la culture du numérique ainsi que la gestion des talents au sein de Booking.com. Trop peu d'entreprises font ainsi confiance en leurs utilisateurs finaux pour devenir de tels ambassadeurs sur le terrain. 

Les entreprises "traditionnelles" doivent donc réaliser un long travail d'appropriation du numérique afin de l'inscrire dans la culture d'entreprise. Si la collaboration entre la DSI, les Directions Métiers et les utilisateurs finaux performe, une synergie se créera et l'apport de valeur se fera de lui-même.


🤝 La collaboration de la DSI et ses partenaires

Un élément soulevé par Sahbi est particulièrement intéressant : il communique directement avec les développeurs. Là où maintes entreprises constituent des équipes « Métiers » pour faire le lien entre DSI et clients finaux, Booking.com fait le choix de former ses collaborateurs pour supprimer les intermédiaires. Une telle proximité client a de nombreux avantages :

  • Maîtrise des habitudes de travail : fini les fonctionnalités qui ne conviennent pas aux méthodes de travail des utilisateurs ;

Attention, nous ne dévaluons pas l'apport d'une équipe responsable de centraliser les besoins clients (notamment responsable des priorisations) mais nous voulons démontrer l'apport d'une telle proximité. D'ailleurs, la priorisation des développements chez Booking.com se fait directement entre les Product Owners du service financier qui se mettent d'accord en fonction de leurs objectifs respectifs.

  • Compréhension des investissements informatiques réalisés : Sahbi défend lui-même le budget informatique alloué auprès de ses supérieurs ;

  • Responsabilité des équipes métiers à s'approprier les nouvelles fonctionnalités et mise en place intuitive de l'amélioration continue : la conduite du changement se fait d'elle-même, engendrant un gain notable de performance au sein des équipes ;

  • Cohérence de la donnée assurée par les utilisateurs finaux : cela engendre une réduction des efforts de gouvernance au sein des équipes techniques ➡ votre big data n'en sera que davantage valorisé ;

  • Montée en compétences des collaborateurs et conservation des talents : ceux-ci grandiront avec l'entreprise pour devenir des leaders précieux au sein de l'organisation ;

 

Les alternatives au fonctionnement Booking.com existent. Ces méthodes ont vocation à transformer les habitudes de travail des collaborateurs. Contactez-nous pour vous renseigner sur nos propositions de valeur.


🚀 Pistes de réflexion 

  • Muda (Lean Management) et les traitements inutiles : comment alléger les équipes de tous process assommants

Le Lean Management est l'art d'améliorer la performance d'une structure, quelque soit sa taille, sans ressources supplémentaires. Cette pratique identifie 3 familles de gaspillages : Muda (tâche sans valeur ajoutée, mais acceptée), Muri (tâche excessive, trop difficile, impossible), Mura (irrégularités, fluctuations).

Les collaborations entre directions ou équipes sont souvent trop processées. Ceci peut-être dû à un certain historique, un besoin de se protéger d'une quelconque manière. Revivez ces fameuses réunions de reporting, réalisées chaque semaine, qui apportent rarement de la valeur à l'organisation …

Pensez à votre santé mentale, épargnez-vous ces supplices avec de nouvelles approches : réduction du temps de réunion lorsque les éléments à communiquer sont peu nombreux, voire la transformer s'il s'agit d'une source d'épuisement pour chacun. 

Un article qui pourrait vous intéresser : www.shorturl.at/dzEVX

  • L'ubiquitious language (langage omniprésent) : cette pratique consiste à définir entre membres de l'IT et Métiers un vocabulaire commun, compréhensible de tous, en fonction des éléments de langage de chacun

En adoptant ces termes, de nombreuses incompréhensions seront évitées au sein de vos projets. Vous engendrerez un rapprochement et une nouvelle synergie parmi les équipes puisqu'elles parleront ENFIN le même langage. 

Notre conseil : prenez le temps de le formaliser, ce n'est un aucun cas du temps perdu.

Cette pratique peut être la première étape d'un nouveau type de collaboration entre directions. A cet effet, nous vous invitons à vous renseigner à propos du Domain Driven Design, approche de conception logicielle innovante qui fera l'objet d'un prochain article : www.shorturl.at/hpC57


Pour conclure, nous tenons à remercier Sahbi pour son témoignage et reprendrons l’un des credo de Booking.com qui colle parfaitement au secteur de l'informatique : "Think big, be brave, fail fast".


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